Listes, sérendipité et crossovers

Published 2 années ago9


J’aime les listes, vraiment. Je les aime d’un amour irraisonné, obsessionnel. Les tableaux de stats, les courbes de progression, les graphes et tous ces trucs-là… Dès qu’ils sont appliqués aux jeux (vidéo ou papier), ils perdent leur froideur toute mathématique pour devenir de flamboyants outils de stratégie ludique.

Mes premiers émois statisticiens sont venus avec le guide de Secret Of Mana. 1994, j’avais 9 ans, 0 poils pubiens et j’aimais les maths autant que les jeux vidéo. Alors quand je découvris à la fin du guide de ce splendide jeu un bestiaire décrivant chaque ennemi avec ses points de vie, ses faiblesses et ses trésors, le tout bien organisé sous forme de tableau avec à gauche le sprite, à droite les chiffres…. c’était un peu comme découvrir l’association lardons-crème fraîche. Tout était là, splendide de simplicité et d’efficacité, nourrissant mais jamais écœurant. C’était le nirvana! Si mes hormones avaient été actives à l’époque, j’aurais flingué 3 rouleaux de sopalin sans forcer.

Dès lors, les alignements de chiffres et les comparaisons de compétences forgèrent à grands coups de marteau +2 mon amour pour le RPG, sous toutes ses formes. Car les deux sont inextricablement liés, c’est en passant un maximum de temps devant des listes que l’on peut espérer tirer le maximum de son personnage. C’est en faisant les meilleurs choix dans les listes d’équipements et de compétences en adéquation avec la listes des caractéristiques de l’avatar que l’on devient un putain de tueur (ça s’appelle un build, si vous voulez avoir l’air d’un vrai de vrai).
D’ailleurs, le fait d’évoquer ici ce sujet me fait réaliser que j’accorde peut-être même moins d’importance à l’histoire et à l’atmosphère qu’à l’aspect technique et stratégique fourni par un bon gros enfilement de données. Pour preuve, j’ai un jour acheté un bestiaire Advanced Dungeons & Dragons rien que pour lire les fiches des monstres, sans aucune intention, du moins au départ, de me convertir maître de jeu. Et quand, un peu plus tard, je me suis pris au jeu, on me reprocha de passer plus de temps sur les calculs que sur la narration, et c’était tout à fait justifié. J’ai d’ailleurs récemment appris que de nombreux MJ souffrait de ce mal, voulant inconsciemment faire de leur campagne une simulation de jeu video de rôle, mais sans la puissance de calcul. Quand on y réfléchit, c’est une approche logiquement vouée à l’échec. Prenons la situation suivante:

MJ _ Alors le rayon d’énergie du sorcier de niveau 8 ignore la classe d’armure naturelle et ses dégâts sont augmentés de 3 sur les alignements Bon grâce à son Anneau de Vilainie. Donc sachant que ton voleur est dans un brouillard partiel, qu’il est de niveau 7 et que sa résistance à la magie est égale à niv + int + l où l est la distance entre attaquant et attaqué + altitude , combien te reste-t-il de point de vue sachant que tu es empoisonné depuis 4 tours et que tu ne t’en étais pas rendu compte?
Joueur _ Heu…

On capte tout de suite que le fun n’y est pas. C’est pour ça que je me suis tourné vers RPG MAker, pour pouvoir remplir des tableaux qui serviraient l’amusement du joueur, et pas seulement le mien. Mais comme je suis un gros branleur affecté par un sévère traumatisme de l’organisation, j’ai jamais réussir à pondre un truc jouable plus de vingt minutes. Mais ça c’est une autre histoire, je me perds complètement et j’aurais été reconnaissant que vous me le fassiez remarquer plus tôt.

Revenons en plutôt aux listes en tant qu’objet de fascination, vu que c’est le but premier de cet article.
L’accès à l’Internet est quand même un privilège relativement bandant. La jeune génération prend ça pour un acquis, mais mes petiots je peux vous dire que le jour où j’ai eu accès au Net sans restriction de temps, j’ai satisfait avec frénésie mes plus bas instincts! Ah qu’est-ce que j’en ai bouffé de la liste… et je vous invite à consulter cette page où je vous en ai préparé une petite sélection pas piquée des hannetons tonton!

Et c’est là qu’on en arrive à la deuxième partie de cet article: la sérendipité. Derrière ce mot je-me-la-raconte se cache un principe tout bête que tout internaute a déjà vécu.
Je cite Wikipedia parce que je suis, comme dit plus haut, un branleur:
« la sérendipité est le fait de « trouver autre chose que ce que l’on cherchait », des idées originales et inattendues, des trouvailles »
C’est donc par le plus truculent des hasards que je suis tombé là-dessus.

Je ne sais plus du tout comment je suis atterri là, mais je ne me souviens que trop bien de l’état dans lequel ça m’a mis: gorge nouée, respiration difficile, léger saignement de nez… Plus je scrollais sur la page, plus ma main se crispait, la liste indécente qui se déroulait devant moi en devenait vomitive tellement elle… elle… ha putain j’étais tellement pas préparé à ça ! Je me suis pris la page en pleine tronche, et j’en suis pas encore remis.
L’incarnation de l’idéal otaku, plus excitant qu’un car de pompom girls suédoises sous MD, plus complet qu’une tonne de All Bran… Alors forcément je me suis mis à fouiller le reste du site et putain c’est quoi ce délire tout y est en espagnol… Genre quoi, en espagnol…. Je parle pas un mot de paëlla (ouais jpeux me permettre une réflexion bas de plafond vu la frustration induite!) Tout ce que j’ai repéré sur le moment c’est ce nom : Card Saga Wars. Le réflexe immédiat de toute personne instruite est évidemment de foncer sur Youtube voir si une vidéo peut par la force du streaming donner du corps à tout ça. Ce qui m’amena à ceci.

Là, si vous n’avez pas été pris dans un tourbillon libidineux vous plongeant dans une séance de masturbation frénétique, je vous demanderais de quitter ce blog à tout jamais.
Là, si vous me demandez « oh vas-y renaud, dis-nous pourquoi c’est si bien ! », je vous autorise à rester, par contre taisez-vous. Franchement, ça reviendrait à me demander « pourquoi on est content quand on est heureux ? ». On n’est pas là pour enfoncer des portes ouvertes.
Là, si vous vous êtes levés en hurlant « putain de sa race c’est quoi c’est où c’est quand j’en veux ahhhh je crois que j’ai joui », alors je me dois de vous prendre par la main, de vous emmener courir nu dans les rues pour que vous y frottiez vos parties sur les briques rêches de l’existence et, mes yeux dans les vôtres, je vous dirais : « C’est un rêve, c’est fait avec M.U.G.E.N et ça ne sortira jamais ».

La fin absolue du monde, the rape and ruin of angels, l’Apocalypse selon saint PutainDeTaRace… J’espère avoir tort, mais malheureusement il faut se rendre à l’évidence : jamais nous ne mettrons nos mains indignes sur ce potentiel cadeau des Dieux. Nous nous pencherons plus tard sur les raisons de ce drame, pour l’instant permettez-moi de revenir sur le récit de ma traque.

Comme je le disais, mes capacités en langues orientales étant proches de zéro, j’ai dû mettre en œuvre tout un tas de techniques journalistiques très pointues pour découvrir ce qui se cachait derrière Card Saga Wars. Ainsi, par l’emploi de synthèses mnemonetiques, de dichotomies post-pavloviennes et autres truchements gonzoïdes, je suis parvenu à isoler les deux principes actifs impliqués dans ce que je considère désormais comme le viagra du gamer :
Daniel Oliver alias Ahruon/AbyssWolf ainsi que Alberto Hernandez alias Orkimides. Je vous ai mis en lien leurs pages DeviantArt, au cas où il faudrait encore vous convaincre du talent qui anime ces deux lascars. Au passage, le tumblr d’AbyssWolf vaut également le détour.
Les faits sont donc clairs : nous sommes en présences de deux fanatiques de jeux video, issus de la meilleure des générations de gamers, c’est à dire celle des ados du XXème siècle. Les mecs ont bouffé le top du top de ce que pouvaient offrir les consoles quand on comptait leur puissance en bits puis ils se sont mis à chier des perles. Perles qu’ils ont alignées en une putain de parure qu’aurait porté sans honte Catherine II de Russie qui soit dit en passant était une sacrée cochonne.
Je vous ai dirigé vers leur page DeviantArt pour une bonne raison : cette page.
SI vous êtes du genre « tl ; dr », laissez-moi vous résumer le truc : on fait Card Saga Wars pendant notre temps libre, le projet est bien avancé mais c’est pas prêt de sortir et si ça vous fout la rage, bah tant pis.

Dans le fond, on peut pas leur en vouloir. Ils se sont lancés dans un projet de fous furieux, ce n’est pas leur activité première donc bon, merci déjà de nous avoir fait rêver. Si Salma Hayek me montrait ses nichons, je lui en voudrais pas de pas rester dormir. Faut savoir se contenter des petits bonheurs et ne pas passer son temps à chialer pour en avoir plus, telle est ma saine philosophie.

Mais tout cela soulève un autre problème, nettement plus triste et révélateur de l’état merdique du monde dans lequel on vit.
Emplis d’un entrain naïf à la vue de l’avancement du projet, les crève-dalles dont je fais partie ont tous unis leur voix pour crier : financement participatif ! En vla une idée qu’elle est bonne !
Bah ouais les gars, si Pedro et Miguel n’ont pas assez de leur temps libre pour avancer sur le projet, balançons-leur notre pognon et l’affaire sera réglée, ils auront plus besoin de bosser et pourront se consacrer corps et âmes à leur mission divine !
Ahlala douce rêverie qui vient écraser son visage angélique contre le mur bien solide de la putasserie du monde capitaliste ! Voyons mes mignons, si l’argent entrait en scène, vous pourriez aussitôt dire adieu aux bastons entre Samus et Zero, Felicia et Tifa, Richter et Lara Croft… Les joies des droits d’auteurs et de la propriété intellectuelle !
Pourtant, ça existe les cross-over. Mais là il faudrait faire appel à grosso-merdo toutes les plus grosses boîtes de productions de l’histoire et les faire travailler mains dans la main sur un même projet. Donc autant essayer de lancer des arcs-en-ciel par la pine, ça sera plus productif.

Voilà, nous en resterons ici pour aujourd’hui. Si vous vous dîtes
« putain d’enculé de ta race, non seulement tu parles d’un jeu auquel t’as pas joué et après tu développes à peine le troisième point de ton titre! Tu te foutrais pas un peu de notre gueule ??! »
alors je vous répondrais
« hé blogger ce n’est pas mon activité principale ! Mais si vous en voulez plus z’avez qu’à me financer *visage faisant un clin d’œil complice* !»

Mais comme je suis sympa, et pour finir sur une note réconfortante, laissez-moi vous montrer un chiot qui attrape un ballon :

Voilà, tout le monde est apaisé ? Je peux y aller ?

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