Bienvenue à la cave

Published 3 années ago


Pour bien débuter cette aventure bloggesque, il me fallait un jeu en harmonie avec l’esprit que je souhaite insuffler ici. Et ce sont les promos Steam qui m’apportèrent la lumière. Ainsi soit-il, pour vous présenter le Ravenholm Post, c’est Isaac qui dira la messe.

L’avènement de la dématérialisation et de ses soldes monstres aura au moins eu le mérite de nous permettre de remplir des bibliothèques de jeux que l’on installera jamais; on accumule on accumule et on retourne sur Borderlands 2, vous savez de quoi je parle.
Un froid dimanche de janvier, je décidais de rompre ce cercle infernal en m’attaquant à l’un d’entre eux. Pas motivé à me farcir 3 heures de téléchargement, il me fallait trouver dans cette ludothèque bientôt poussiéreuse un truc se maintenant sous la barre du giga. J’avais donc le choix entre Faster Than Light, The Binding of Isaac et Breath of Death VII. Allez savoir pourquoi, c’est le petit Isaac qui a retenu mon attention

The Binding of Isaac fait partie de ces titres dont tous les amateurs ont au moins entendu parler, souvent en bien, voire en très bien. Personnellement, hormis des échos épars au fond de mon esprit embrumé, je ne savais rien de ce jeu. Mais alors vraiment rien. Pas mis les mains sur une démo, ni les yeux sur un trailer, je sais même pas si j’avais avant ce jour aperçu ne serait-ce qu’un screenshot. Tant mieux, rien de tel que de se lancer dans un jeu à l’aveuglette, ça laisse l’impression que vous êtes le premier à le découvrir. J’avais connu ça quelques mois auparavant avec The Stanley Parable, et même si je savais pertinemment que notre petit Isaac aurait bien du mal à me filer une trique aussi raide que l’autre bureaucrate, je dois avouer que l’expérience à tout de même était particulièrement plaisante.
Dès le départ, le logo Newgrounds éveilla en moi des sentiments confus. Plus moyen de me souvenir à quelle occasion j’avais croisé cette compagnie, mais j’avais l’impression que ça avait été plutôt positif, donc pas de raison de s’inquiéter à priori. Et le premier quart d’heure de jeu ne fit que confirmer ma pertinente analyse.
On comprend tout de suite que l’on est face à un soft certes pas prétentieux, mais incontestablement bien fichu. Rien que l’ambiance, avec son intro mi dark mi lol, l’arme principal foutrement bien trouvée (on tire des larmes! des motherfuckin’ tears!) et sa tonne de références bibliques très bien utilisées… Non vraiment, le teenage goth qui pourrit au fond de mon coeur se réveille pour me taper sur l’aorte en disant: « Gloire à Satan ! » et ça, j’aime. Surtout qu’ici, l’esthétique gore et rigolote ne tombe pas dans la branlette burtonienne, permettez-moi donc de saluer cette note de bon goût.

On pense tout de suite  aux premiers Zelda quand on joue à TBoI (ouais je mets des abréviations, ça fait tellement pro), la faute au level design et à la map qui s’affiche en haut de l’écran. Mais là, c’est un Link qui a grandi dans un coron aux côté d’une Navy alcoolique et d’une Epona pédophile que l’on dirige. Remplacer les pots à briser par des tas de merde (ce n’est pas une façon de parler), et tout y est. La comparaison peut paraître cruelle mais ce n’est qu’un habile stratagème linguistique pour parler de la difficulté du jeu. Car, oh boudiou, qu’est-ce que je me suis fait latter le cul durant mes premiers runs.
On se rend vite compte que sans un apprentissage attentif des patterns ennemis et une gestion habile de nos ressources, on ira pas bien loin. Il faut ajouter à cela qu’on est face ici à un rogue-like, du coup certains des mondes générés aléatoirement ne vous fourniront que des items pourraves en plus de vous coller direct 3 Mullibooms derrière une porte. Tout ça peut donc vite tourner à la punition mais tout est fait pour donner envie de progresser, et la sensation que l’on devient bon à un jeu qui ne vous prend par la main mais qui sait quand même vous récompenser n’a pas de prix. On prend vraiment du plaisir à replonger dans la cave pour enlarmer des foetus tuberculeux cracheurs de mouches avant de faire des pactes de sang avec le Diable dans le but d’augmenter notre force de frappe. Car oui, si vous prenez des risques vous serez récompensé. Ou mort. Ajouter à cela une musique efficace et tout un tas de petits défis et autres unlockables et vous avez entre les mains un jeu qui met la barre bien haut en terme de rejouabilité et de fun.
En temps normal, j’en serais resté là, mais comme jme la joue journalisme total, j’ai décidé de creuser un peu et de me renseigner plus avant sur la conception de ce jeux. Donc revenons-en à Newgrounds. Les loulous sont spécialisés à la base dans les jeux pour navigateur, donc pas étonnant que je les ai croisés au détour d’une de mes maintes errances sur le Web. Par contre pas moyen de me souvenir avec quel jeux. J’ai d’abord pensé à Robot Unicorn Attack, mais c’est chez Adult Swim ça. Enfin bref on s’en fout. Le plus important n’est pas là.

Penchons-nous plutôt sur le cas de Edmund McMillen, principal coupable de la réalisation de ce succulent soft. Déjà un mec qui porte un T-Shirt des Melvins ne peut qu’avoir un bon fond. Ensuite, il n’en est pas à son coup d’essai: avant ça, il a fait Super Meat Boy. Bueno bueno… Allez, plutôt que de lui consacrer un vrai paragraphe, ça me donne envie d’attaquer ma conclusion en m’adressant directement à lui:

Ok mon gars, donc toi t’es pas un manche. Et quand je vois la façon dont tu mets en place une belle courbe de progression, la façon dont tu respectes la tradition sans être passéiste, la façon dont tu fourres un paquet de références à la culture geek/web sans que ça sente trop le fanservice… je me dis que tu as achevé dans ton jeu ce que j’espère ne serait-ce qu’approcher dans ce blog: allier érudition, fun, profondeur et légèreté, le tout garanti sans poudre aux yeux.
Putain, faut que je me mette au boulot…

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